Résidence Grand-louis à Eysines : Chantier éducatif « argent de poche »

Chantier éducatif 10 July 2015

chantier educatif terrasse jeune argent de poche (1)

Des ados en quête d’activité professionnelle

En 2014, la mairie d’Eysines et Clairsienne ont initié des chantiers éducatifs sur les résidences Grand-Louis et les Argilliéres, avec quatre jeunes majeurs qui avaient besoin d’un coup de pouce financier pour réaliser des projets personnels.

Ils ont ainsi réalisé une terrasse pour le centre social du quartier, en échange d’une rémunération. Au printemps dernier, ce sont des adolescents qui ont sollicité l’Eycho, parce qu’ils cherchaient un job d’été et souhaitaient s’investir dans la vie de leur quartier. Ainsi est née l’idée d’un chantier « Argent de poche », qui allait leur permettre de découvrir, du 8 au 10 juillet, une partie des tâches effectuées quotidiennement par leur employé d’immeuble.  Leurs missions : nettoyer les pieds d’immeuble et désherber les trottoirs. Les parties prenantes sur cette action : le centre social qui a encadré les jeunes, l’ASPE qui s’est occupé des contrats de travail et de la fourniture du matériel de sécurité, Clairsienne qui a financé ce projet et pris part à l’encadrement de ces jeunes.

Jeremy, animateur à l’Eycho de la Forêt, l’une des antennes de quartier du centre social et culturel d’Eysines, dont la vocation est notammen t d’accompagner les jeunes dans leurs projets.

chantier educatif terrasse jeune argent de poche (4)« Au début du printemps, trois jeunes sont venus nous voir pour savoir si nous proposions du travail pour les 14-15 ans. Du coup, nous en avons discuté avec Clairsienne, qui était plutôt séduit par le projet. Nous avons donc mis en place cette action. Nous nous sommes occupés de coordonner le projet avec Clairsienne et l’Aspe, l’association intermédiaire qui embauche les jeunes et leur établit leurs contrats de travail. Les quatre jeunes du quartier qui ont bénéficié de ce chantier, nous les connaissons bien. Hovhannes nous aide souvent sur les manifestations en extérieur, sur les barbecues, par exemple. Il est presque bénévole au centre social. Quant à Benoît, il est président d’une junior association. Il fait du parcours yamakasi. Ces jeunes sont payés 100% du Smic, ce qui est une bonne chose. Parce que c’est un vrai boulot, avec un vrai contrat et de vrais horaires à respecter. Nous avons fait ça dans les règles. Ils sont payés neuf heures, c’est-à-dire pour trois matinées de travail. Ce chantier éducatif fait partie de nos missions d’animation de la vie de quartier. Même si ce n’est pas tout à fait un projet jeunes, c’est une dynamique que nous soutenons. Ce projet permet aussi de valoriser cette tranche d’âge. Ils passent souvent pour des jeunes qui ne font rien. Par ailleurs, il y a des jeunes qui ne sont pas dans des situations économiques très favorables, du coup ça leur permet de gagner deux, trois petits sous pour se payer des choses qu’ils ne s’achèteraient pas sinon. Ça permet aussi qu’ils se rendent compte de ce qu’est ce boulot et de l’état du quartier, parce qu’il est sale, et qu’indirectement ils sensibilisent leurs potes sur le fait que ça ne coûte pas grand-chose de jeter un déchet à la poubelle. »

Mouhcin, gardien au sein de la résidence Grand-Louis

« Ce chantier, ça rend service à tout le monde. Ça permet aux jeunes d’avoir une rémunération — donc de découvrir la vie active — et de savoir que leur résidence est propre.  Ça leur fait ouvrir un peu les yeux sur la vie du quartier, sur son entretien et sur le respect des espaces communs. En ce qui concerne l’image qu’ils peuvent avoir de mon métier, c’est positif également, parce qu’ils comprennent qu’on est là pour leur bien-être, pour améliorer leur cadre de vie. Ils prennent conscience que c’est le gardien qui ramasse les papiers, donc ils font attention. Ils constatent qu’il y a une certaine reconnaissance. Que les gens sont assez contents de nous. Et puis notre métier n’est pas ingrat. Ça ne consiste pas seulement à ramasser des papiers, loin de là. »

Samy, 14  ans.

chantier educatif terrasse jeune argent de poche (3)« L’Eycho avait envoyé un SMS à ma mère pour savoir si j’étais intéressé par ce travail. Je me suis présenté en envoyant une lettre de motivation à l’Eycho de la Forêt. Ce qui m’intéressait, c’était le fait de travailler, déjà. Ça me fait un petit job d’été pour gagner un peu d’argent. Ce qui va me permettre de faire les soldes pour m’acheter des vêtements. C’est la première fois que j’ai un job d’été. Je trouve que c’est bien, parce que l’été, la plupart du temps, on ne fait rien. On ne se bouge pas vraiment. Et en plus c’est l’occasion de gagner un peu d’argent. Sur trois jours, ça va, c’est sympa. Mais à la longue, ça doit être un peu énervant de ramasser les déchets des autres. Jeter ses papiers, c’est un peu de l’irrespect pour les gens qui ramassent. J’en avais un peu conscience avant, mais moins que maintenant… »

Benoît, 15 ans.

« Au printemps, j’avais demandé à Jérémy, l’animateur de l’Eycho, s’il n’y avait pas un travail pour l’été, pour gagner un peu d’argent. Il m’a dit qu’il allait voir et un peu plus tard il a envoyé un message pour me dire qu’il y avait cette possibilité. Ce qui m’a motivé, déjà, c’est de pouvoir faire quelque chose pour le Grand-Louis. Si on peut gagner un peu d’argent et en plus faire du bien pour le quartier… C’est sale un peu, donc si on peut agir, autant le faire… L’argent que je vais gagner, c’est pour m’acheter des chaussures de sport. Je fais du yamakasi. On dit souvent que ce sont les jeunes qui jettent des choses, mais ce n’est pas toujours eux qui salissent le plus. C’est plus ceux qui jettent de leurs fenêtres, des mouchoirs ou n’importe quoi d’autres… Ce chantier a un peu changé ma vision du métier d’employé d’immeuble. Je pensais qu’ils s’occupaient surtout des immeubles. Or, on intervient partout, il n’y a pas d’endroit précis. On fait toute la résidence. »

Damien, 14 ans.

chantier educatif terrasse jeune argent de poche (2)« Je recherchais un petit boulot d’été. Donc ce chantier, c’est parfait. À la longue, c’est un travail qui doit être pénible. C’est dur quand même… Pour ce qui est du volume des déchets, c’est énorme. Je savais que c’était sale, mais je ne pensais pas qu’il y avait autant de détritus… Ça m’a vraiment incité à sensibiliser les autres, pour qu’ils respectent la résidence. Grâce à ce chantier, je vais économiser pour un nouveau téléphone, parce que j’ai cassé le mien, il y a un peu plus d’une semaine. Ça va, c’est bien payé quand même. Ça va bien m’aider. »

Hovhannes, 15 ans.

« J’ai reçu un message de la part de l’Eycho, comme quoi il y avait un chantier qui se mettait en place pour les 14-15 ans. Je cherchais justement du travail, donc ça tombait bien, parce que c’est compliqué à trouver… Le travail d’employé d’immeuble, c’est quelque chose que je découvre. C’est compliqué comme métier. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de travaux différents à faire. C’est fatigant. Les déchets, on ne dirait pas comme ça, mais il y en a plein sur la résidence. Avant, ça m’arrivait de jeter un papier par terre. Mais maintenant, je vais plus y penser… L’argent que je vais gagner, je vais l’utiliser pour les jeux auxquels je joue sur Internet. »