Residence Beauval à Bassens : Apres-midi récréative#2

Proximité 18 mars 2016

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Ces jardins où pousse aussi du lien social

Après-midi récréative 2 - résidence Beauval_Bassens (25) Le 17 juin, Clairsienne organisait une après-midi récréative sur la résidence Beauval, à Bassens. Un vaste espace de jeux avait été aménagé pour les enfants, juste à côté du city-stade. Ils étaient également invités à prendre part, avec leurs familles, à des activités dans les jardins partagés, installés au pied des immeubles en avril dernier. Après un premier essai l’an passé, ce sont désormais huit familles qui s’investissent sur ce terrain de 450 m2, pour y faire pousser tomates, lavande, thym, sauge, amarante, radis, oignons, haricots, melons, courgettes, fraises, piments… Pour ce faire, Jessica, Farida, Lydie, Irène, Hachem, Marie-Noëlle et tous les autres jardiniers peuvent compter sur l’expertise de l’association Place aux jardins, que Clairsienne a sollicitée pour les accompagner dans cette phase de mise en place d’un jardin partagé[1]. Rencontre avec Dorothée Eisenbeis, responsable de Place aux jardins, et Badia Hassan, animatrice du jardin partagé de la résidence Beauval.

Quelle est la raison d’être de votre association Place aux jardins ?

Dorothée Eisenbeis : Notre objectif est de développer au maximum des espaces de nature en ville, du micro-potager en bas d’immeuble, dans des écoles ou des institutions pour handicapés, jusqu’à l’espace de micro-maraîchage. Pour nous, il s’agit de mettre en place ces espaces selon des méthodes biologiques, en favorisant la biodiversité, des pratiques respectueuses de l’environnement, et en assurant la promotion d’une gestion écologique des espaces, économe en eau, sans utilisation d’intrants chimiques, sans pesticides… Ce qui se passe autour de ces jardins et du lien à l’environnement permet d’aller au-delà du jardinage. Il y a des pratiques éco-responsables qui se mettent en place plus facilement, sur la gestion des déchets, l’interrogation par rapport à l’alimentation… C’est donc un outil au service d’objectifs beaucoup plus larges, qui tournent autour de la santé, du respect de l’environnement, du lien social. Car un autre de nos objectifs, c’est de recréer des connexions entre les personnes. Un jardin ce n’est pas seulement du lien à la terre, c’est également du lien aux autres.

Concrètement, en quoi consiste votre action sur le terrain ?

Après-midi récréative 2 - résidence Beauval Bassens (38)Dorothée Eisenbeis : Nous mettons en place des jardins partagés à l’échelle de toute la Métropole, dans le cadre notamment d’une action avec Bordeaux Métropole, la Draaf[2] et l’ARS[3]. Nous accompagnons la création de ces jardins, en termes de conception des espaces, mais aussi au niveau de la mobilisation des habitants, de l’animation… Notre rôle est d’aider un peu au démarrage, de renforcer un collectif, qui ensuite a vocation à être autonome. Souvent, ce n’est pas tant d’expertise technique que les gens ont besoin que d’une aide à l’organisation.

Badia Hassan : Nous sommes là pour accompagner un groupe de jardiniers. On ne fait pas le travail à leur place, on ne décide pas à leur place. Ce sont leurs idées, leurs envies. Certes, nous les accompagnons sur la durée, mais au bout du compte, il faut qu’ils arrivent à gérer eux-mêmes leur emploi du temps, l’arrosage, les réunions de concertation, le cahier d’engagements… à Beauval, on a démarré en avril. C’est vraiment un bon début, parce qu’ils ont bien compris que c’étaient leurs jardins et commencent déjà à gérer pas mal de choses.

Quels sont, d’après vous, les bénéfices que peut apporter une telle initiative ?

Dorothée Eisenbeis : Depuis la création de l’association en 2012, nous avons développé une trentaine de jardins partagés. Ce projet sur la résidence Beauval, que nous menons avec Clairsienne, fait partie des actions que nous mettons en place avec les bailleurs sociaux, les habitants et les mairies. Un jardin au cœur d’un quartier, c’est vraiment sympa, parce que cela change la vie et la relation entre les gens. Il y a des demandes qui vont en augmentant, parce que c’est un outil qui est intéressant en termes de lien social et de lien intergénérationnel. Un jardin en pied d’immeuble, ce n’est pas simplement un espace pour jardiner, c’est surtout un espace pour se rencontrer, discuter, boire un thé… Cela assure aussi souvent une belle mixité.

Badia Hassan : Cela fait trois ans que je suis animatrice au sein de Place aux jardins et je constate qu’il y a beaucoup de choses qui se passent dans un jardin partagé : le contact humain, la diversité sociale, l’aspect interculturel aussi, avec les échanges, les repas partagés… Il y a également une solidarité qui se développe dans un groupe de jardiniers. Avant les départs en vacances, ils gèrent entre eux tout ce qui est arrosage, entretien, récolte… Quand quelqu’un déménage, les autres vont aller l’aider. Si quelqu’un est malade, on le remplace au jardin… Ici à Beauval, les relations avec les habitants adhérents sont très bonnes. Et parmi les autres locataires, on sent une attirance, une curiosité. Ils viennent, ils posent des questions. On sent une envie de découvrir ce qui se passe ici.

De quelle nature sont vos relations avec Clairsienne ?

Après-midi récréative 2 - Résidence Beauval Bassens (14)Badia Hassan : Avec Clairsienne, nous nous sommes rencontrés, il y a deux ans, pour un autre projet de jardin partagé, sur Cenon Beausite. Il y avait également à l’époque l’envie d’avoir un jardin partagé sur Beauval, qui a finalement été intégrée au projet de réhabilitation du quartier. Clairsienne nous a appelés pour accompagner ce projet. Je pense qu’on se coordonne bien avec Clairsienne. M. Cornuet [le gestionnaire de la résidence Beauval] est vraiment présent et à l’écoute de toutes les idées. Il nous aide dans la coordination, la mise en place des actions. J’échange beaucoup avec lui. Il y a vraiment un suivi. Il y a les gardiens sur place aussi. Dès que j’ai un problème technique ou besoin d’une intervention sur place, ils sont là.

[1]. Une initiative soutenue par Bordeaux Métropole dans le cadre de l’action « Dynamique des jardins collectifs de Bordeaux Métropole ».
[2]. Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Aquitaine.
[3]. Agence régionale de santé.